PseudoHISTOIRE DE K

Récit de vie

K., 18 ans, est né dans un village du plateau des phosphates, est issu d’une famille connaissant des problèmes d’ordre financiers et conjugaux fréquents qui aboutissent à la séparation de ses parents. Quand K. arrive en 5e année de primaire, il commence à sentir le désintérêt de son père à son égard. Il cherche de substituer la figure parentale absente en travaillant pendant les vacances et parfois le soir après l’école. Mais ses salaires trop faibles ne lui ne permettent pas de devenir totalement indépendant financièrement de son père. Il se sent par contre orgueilleux de ne pas avoir à lui demander de l’argent de poche pour l’achat de livres et de vêtements. Il fréquente des jeunes plus âgés que lui et qui sont déjà sortis du système scolaire, commence à fumer des cigarettes, puis des drogues « douces ». Ses résultats scolaires deviennent trop faibles et les rapports avec sa famille se détériorent. Au bout d’un an et demi, il projette partir en Italie, comme tous les jeunes de son village. Malgré le refus de son père de l’aider à réaliser ce projet, il quitte sa région pour le nord du Maroc et passe presqu’une année en situation d’errance où il vit une vie d’expédients, devient consommateur habituel de toutes sortes de drogues, connaît la prison et subit des
violences. Lors d’une des tentatives de passage clandestin, il est témoin de la mort d’un autre aspirant, causée par un tir. Choqué, il rentre chez ses parents, qui l’inscrivent de nouveau à l’école, mais il ne parvient pas à reprendre les études. Il devient marginal, drogué et délinquant, se sent de plus en plus perdu et tente de se suicider à plusieurs reprises. Traversant une grave crise existentielle, il décide de changer complètement de vie, guidé par des enseignements religieux qu’il reçoit via des sites internet. Il commence à s’habiller selon les hommes des tribus afghanes, et se laisse pousser la barbe. Il s’isole de ses proches, commence à se dire que le monde autour de lui est impur et infidèle. Après un certain temps, il commence à se rendre compte au bout d’un moment des contradictions des croyances auxquelles il a adhéré lors de son moment d’égarement. Il suit un cours d’éducation informelle géré par une ONG et participe à une formation et à un stage, qui lui permettent de bénéficier d’un soutien éducatif et psychologique qui l’aident à retrouver un équilibre intérieur. A l’heure actuelle, il n’a pas encore retrouvé une stabilité sociale et émotive complète, mais il espère améliorer sa situation. Son parcours radical désormais n’est plus qu’un mauvais souvenir.